CHARLES DELLSCHAU

Américain, 19ème-20ème siècle. Né en 1830 à Prusse; décédé en 1923, Houston, Texas.



La vie de Charles Dellschau est peu connue. Nous savons qu'il a émigré du Brandebourg, en Prusse, au Texas en 1850 où il a travaillé comme boucher. Peu après son mariage, Charles a commencé à travailler comme vendeur dans le magasin de sellerie de ses beaux-parents. En plus de sa belle-fille, Dellschau avait trois enfants: deux filles, Bertha et Mary, et un fils, Edward, décédé en 1877 à l'âge de 6 ans. Son épouse, Antonia, décéda la même année, laissant son mari veuf à l'âge de 47.
Après sa mort, la maison de Dellschau est restée entre les mains de ses descendants. Ses cahiers de peintures et de dessins, ainsi que ses agendas ont été pratiquement laissés intacts pendant un demi-siècle jusqu'à la fin des années 1960. Suite à un incendie, la maison a été nettoyée et au moins 12 des cahiers ont été placés sur le trottoir pour être jetés.

Dellschau est considéré comme l'un des premiers artistes d’art brut américains. Son travail a été interprété comme un témoignage du sentiment d'optimisme suscité par les nouvelles technologies, qui changent la façon dont les gens voient le monde. La fuite, jusque-là, était une métaphore du pathos de l'homme - ou de son incapacité à accomplir ce à quoi il n'était pas destiné. Le travail de Dellschau est également remarquable en ce qu'il utilise le support de l'aquarelle avec brio, en utilisant souvent de l'eau comme support avec une teinte subtile de couleur, et le collage. Le travail de 

Le statut de Dellschau en tant qu'artiste  de premier plan doit à l'ensemble de sa production, y compris l'utilisation de de méthodes littéraires du XIXe siècle, telles que l'utilisation du code, qui déconcertent toujours les chercheurs soucieux de prouver l'existence des dirigeables de Dellschau. 

MADGE GILL

Madge Gill, née en 1882 à Londres et morte en 1961 à Londres, est une peintre-médium britannique.

Née enfant illégitime à East Ham (Londres) en 1882, elle est cachée par sa tante et sa mère jusqu'à ses 9 ans, où elle est alors placée en orphelinat.

Après un séjour au Canada où elle travaille dans une ferme, elle revient à Londres à 19 ans, où elle travaille comme infirmière. Habitant avec sa tante, cette dernière l'initie à l'Astrologie et au Spiritisme.

En 1907, elle épouse son cousin avec qui elle aura trois fils dont une petite fille mort-née, ce qui manque de l'emporter elle aussi : elle reste alitée plusieurs mois et perd l'usage de son œil gauche. En retrouvant la santé, elle se plonge dans une œuvre médiumnique remarquable, qu'elle va poursuivre les 40 années suivantes.

Madge Gill se disait guidée par un esprit du nom de "Myrninerest" (que l'on a l'habitude de considérer comme la transcription de My Inner Rest)  : mon Moi Profond.

Elle travaillait la nuit, très faiblement éclairée, rapidement, de manière quasiment hallucinée, au crayon noir ou de couleur. Elle a aussi produit des broderies et des écrits. 

Sa manière consiste en un enchevêtrement vertigineux d'ornementations instinctives et proliférantes parsemé de visages féminins (que l'on a pu interpréter comme des autoportraits ou des représentations de sa fille disparue).

AUGUSTIN LESAGE

Augustin Lesage naît à Saint-Pierre-lez-Auchel le 9 août 1876. Dans une famille où les ascendants sont mineurs de père en fils, Lesage reprend le métier dès la fin de ses études à l'école primaire, et il épouse une fille de mineur. Il n'avait jamais manifesté une disposition pour le dessin et le seul contact qu'il a eu avec les arts était une visite au Palais des beaux-arts de Lille pendant son service militaire.

En 1911, alors qu’il travaillait au fond de la mine, il entendit une voix qui lui disait : « Un jour, tu seras peintre. » Quelques mois plus tard il est initié au spiritisme par des camarades mineurs et fait preuve de dons de médium exceptionnels. Selon le récit qu'il a fait au docteur Osty, Lesage dit que les esprits lui enjoignent de dessiner puis de peindre. Après avoir commencé ses premiers dessins automatiques, l’esprit lui dicte :

« Aujourd’hui il n’est plus question de dessin, mais de peintures. Sois sans crainte, et suis bien nos conseils. Oui, un jour tu seras peintre et tes peintures seront soumises à la science. Tu trouveras cela ridicule dans les débuts. C’est nous qui tracerons par ta main. Ne cherche pas à comprendre. Surtout suis bien nos conseils. Tout d’abord, nous allons te donner par l’écriture le nom des pinceaux et des couleurs que tu iras chercher chez M. Poriche à Lillers. Tu iras chercher là et tu trouveras tout ce qu’il te faudra »

Et à partir de juillet 1913, Augustin Lesage cesse de peindre pour exercer l'activité de guérisseur. Il est ensuite mobilisé pour la guerre entre 1914 et 1916. À la fin de la guerre, après sa démobilisation, il est réaffecté aux houillères.

Mais dès son retour, il reprend aussi la peinture et il continuera à peindre jusqu’à sa mort. En 1921, il reçoit la visite de Jean Meyer, directeur de La Revue spirite. Celui-ci devient rapidement son mécène, ce qui permet à Augustin Lesage de quitter définitivement la mine en 1923. Sa toile est exposée en 1927 à l'Institut métapsychique de Paris pendant plusieurs mois et l'on s'étonne, selon les dires du docteur Osty, « qu'un homme inculte, sans hérédité artistique, simple mineur, soit arrivé à cette forme d'art. »


Rattaché au mouvement spirite, cité par André Breton dans la revue surréaliste le Minotaure en 1933, il est intégré à la Collection de l'art brut, dont il est une des figures majeures. 

Il est cité dans de nombreux ouvrages sur l'art brut parmi les créateurs importants.

EMILE RATIER

Émile Ratier, né le 10 novembre 1894 à Soturac et mort le 12 septembre 1984 à Soturac.


Issu d'une famille d'agriculteurs, Émile Ratier est mobilisé à Montauban en 1914, puis blessé au cours de la Première Guerre mondiale. Il est hospitalisé à diverses reprises, notamment à Drancy, et découvre les monuments de Paris au cours d’une permission. De retour de la guerre, il rejoint la ferme familiale. Cultivateur, il est aussi marchand de bois coupé, puis sabotier.

Déjà tout jeune, Émile Ratier à l’habitude de travailler le bois et de fabriquer ses meubles. Il est aussi très inventif : il élabore entre autres une machine à ouvrir les châtaignes et une autre pour couper les topinambours. Lorsque, à partir de 1960, sa vue baisse progressivement jusqu’à devenir aveugle, il conjugue son amour du bois et son sens de la mécanique pour fabriquer des sculptures mobiles. Avec du matériel de récupération, bouts de bois, cagettes, fils de fer, couvercles de boites de conserves, il bricole des constructions animées, notamment inspirées de ses souvenir parisiens, représentant la Tour Eiffel, des autobus, des manèges, des tisserands, des animaux, des bateaux... Ses constructions, conçues pour être touchées et écoutées, fonctionnent avec des manivelles qui actionnent animaux, cloches, balançoires. Les bruits et les grincements lui permettent de vérifier la finition de l’objet ainsi que sa mobilité.

Son atelier est situé dans une grange, à l’arrière de sa ferme. Il y accède par un système de fils de fer suspendus en hauteur, sur lequel il fait glisser sa main.

Alain Bourbonnais découvre son oeuvre à la fin des années 1960, et fait connaître ses productions à Jean Dubuffet qui en acquiert plusieurs.

MARY T. SMITH

Mary T. Smith est fille de métayers.  Troisième des treize enfants, elle est atteinte très tôt une déficience auditive grave, elle termine ses études de cinquième année, malgré l'isolement et la solitude que son handicap lui a causé.  Tout au long de son enfance, Smith "a trouvé un exutoire dans le dessin". Smith a travaillé comme jardinière et a fait d'autres travaux domestiques jusqu'à sa retraite dans les années 1970. 


Smith a commencé à peindre à la fin des années 1970. Elle a transformé sa maison et son jardin, une superficie d'environ un acre, en environnement autobiographique spirituel. Elle crée sur du contreplaqué, le la taule ondulée et d'autres pièces recyclées. Elle est l'une des influences majeures de Jean-Michel Basquiat.  L'un de ses thèmes de prédilection était de peindre des portraits de famille, d'amis et de voisins. Beaucoup de ses œuvres présentent des personnages aux bras levés, une image associée à l'extase ou à l'illumination spirituelle. Son travail incorporait parfois du texte avec ses images. Ces parties textuelles de son travail étaient cryptiques et créaient un "vocabulaire personnel de la peinture" qui "documentait et célébrait son monde, à la fois religieux et profane".



MIROSLAV TICHY

Né le 20 novembre 1926 à Nětčice, en Moravie, et mort le 12 avril 20111,2 à Kyjov.

Élève de l'Académie des beaux-arts de Prague, Miroslav Tichý arrête ses études à l'été 1948, probablement pour des raisons personnelles et politiques (coup de Prague). Durant les années 1950, il imite PicassoCézanne et Matisse, suit les tendances cubistes et impressionnistes. Il expose pour la dernière fois ses peintures, à Brno. 

Il passe à la photographie dans les années 1970 quand il est forcé de quitter son atelier dans la maison familiale, celui-ci étant destiné à être transformé en atelier de fabrication pour une coopérative. Tichý explique ainsi le passage à la photographie :

« Les peintures étaient peintes, les dessins dessinés. Qu'avais-je à faire ? Je cherchais un autre moyen. Avec la photographie, j'ai trouvé quelque chose de nouveau, un nouveau monde. »

Il construit alors lui-même ses appareils photographiques et son agrandisseur, à partir d'ustensiles divers, de plaques de métal, de verre optique pour lunette, etc.

Le thème de ses photographies est quasi exclusivement la représentation de femmes que Tichý aborde dans les rues de Kyjovou à la piscine. Pour économiser, il choisit pour format de pellicule photographique des films de 60 mm qu'il coupe en deux.

Il travaille comme un voyeur, dégainant son appareil caché sous son pull, au moment propice, prenant un cliché sans regarder au travers du viseur, se disant capable, par ce moyen, de « prendre une hirondelle en plein vol ». Cette méthode explique le style de Tichý, sous-exposé, peu net, à partir de négatifs abîmés. Il explique :

« J'avais une norme, tant de clichés par jour, tant tous les cinq ans. Et quand j'ai eu rempli mon plan, j'ai arrêté. »

Il arrête ainsi de créer au début des années 1990.


OSWALD TSCHIRTNER

Oswald Tschirtner, né en 1920 à Perchtoldsdorf et mort le 20 mai 2007à Klosterneuburg, près de Vienne (Autriche).


Elevé par un oncle et une tante particulièrement dévots, Oswald Tschirtner manifeste très tôt son désir de devenir prêtre et est placé dans un séminaire sacerdotal à l’âge de dix ans. En 1939, il est enrôlé dans l’armée allemande et participe à la bataille de Stalingrad, au cours de laquelle il est opérateur radio, et qu'il quitte avec l'un des derniers départs de permissionnaires. Vers la fin de la guerre, il est fait prisonnier et interné dans un camp au sud de la France. Libéré en 1946, il présente des troubles psychotiques. Diagnostiqué schizophrène, il est interné plusieurs fois à partir de 1947. En 1954, il est admis à l’hôpital psychiatrique Maria Gugging de Klosterneuburg, près de Vienne, qu'il ne quittera plus. C'est là qu'encouragé par le docteur Leo Navratil, il commence à dessiner à partir des années 1960. En 1981, il intègre la maison des artistes de Gugging. 

Ses dessins au style minimaliste, à la limite de l’abstraction, sont réalisés à l'encre de chine sur papier, le plus souvent de petit format. Ils représentent pour la plupart des silhouettes de personnages asexués constitués de deux bras et d’une paire de jambes directement reliées à une tête. Le tronc et les extrémités des membres sont systématiquement occultés. Lorsque Tschirtner ne représente pas des personnages, les formes sont encore plus sobres, un paysage peut consister en une simple ligne, un animal en un simple point. Certains dessins, surtout les dernières années, sont relevés d'une couleur, rarement de deux. Il signe ses œuvres O.T.

MARTIN RAMIREZ

Mexicain, XXe siècle.
Né en 1895 en Mexique; mort en 1963 dans la Californie.

Né en 1895 à Tepatilan au Mexique, Martin Ramirez s'occupe d'une ferme et de sa famille jusqu'à ce que la pauvreté et la violence politique le poussent à partir en Californie en 1925. Six ans après son arrivée aux Etats-Unis, il est hospitalisé, d'abord à Stockton puis à Auburn (Californie), pour une schizophrénie catatonique. Il commence à dessiner dans les années 1930 avec des matériaux improbables provenant des fournitures hospitalières. Victime d'un faux diagnostic concernant la chronicité de sa catatonie, Ramirez produit jusqu'à sa mort en 1963 une masse impressionnante de plus de 300 dessins de grand format à l'aide d'une technique mixte. Ces oeuvres auraient sans doute disparu n'eût été du dévouement du psychiatre Tarmo Pasto, qui avait fait la rencontre de l'artiste à l'hôpital DeWitt d'Auburn. C'est le Dr Pasto qui a conservé et exposé le travail de l'artiste après lui avoir prodigué des encouragements et procuré du matériel.

L'ingéniosité créatrice de Ramirez est stupéfiante. Il dessinait aux crayons de couleur, crayon-mine et charbon d'allumettes sur de longues feuilles de papier très mince servant à recouvrir les tables d'opération et qu'il assemblait avec de la purée de pomme de terre et de la salive. Il se préparait des pigments en mastiquant du papier journal de couleur qu'il recrachait ensuite dans un bol de porridge refroidi. Ses personnages et paysages isolés sont souvent placés dans un cadre de scène dramatique: des cavaliers mexicains rappelant la jeunesse de l'artiste, des madones majestueuses, des trains disparaissant dans des tunnels, des animaux, un personnage solitaire perdu dans ses pensées et qui pourrait s'agir d'un autoportrait. Ses œuvres les plus complexes sont des superpositions d'images découpées dans des magazines ou des journaux.

GEORGE WIDENER

George Widener (1962) est né à Covington, dans le Kentucky.

Son père meurt quand il a neuf ans et sa mère est internée suite à des problèmes d’alcoolisme.
A l’âge de douze ans, l’adolescent est placé chez ses grands-parents, puis chez sa tante. Plus tard, il fréquente une école spécialisée où il montre des aptitudes toutes particulières en arithmétique et en dessin. Il fait également preuve d’une grande mémoire et est doué pour le calcul mental. En 1979, il rejoint l’US Air Force en tant que technicien. Durant son temps libre, George Widener se consacre au dessin. Par la suite, son état psychologique instable l’oblige à effectuer divers séjours dans des institutions psychiatriques où il est déclaré schizophrène, dépressif et autiste. Il souffre du syndrome d'Asperger. 
Les travaux de George Widener se présentent sous la forme de calendriers, diagrammes, inventaires, graphiques et tables de calcul remplis de chiffres, lettres et symboles au contenu mystérieux. Widener cherche à travers la récurrence des événements à prédire les catastrophes. De ses savants calculs née une oeuvre mystérieuse qui tente d'ordonner le chaos du monde, et abolit le temps.

BILL TRAYLOR

 Né en 1854, Alabama; décédé en 1942, en Alabama.

Bill Traylor, l'un des artistes d'art brut classiques des États-Unis, n'a été actif que quelques années (vers 1939-1942), mais il est aujourd'hui reconnu internationalement pour ses plus de 1200 dessins sur carton vif qu'il a réalisés sur les trottoirs de Montgomery. Esclave né en 1854, Traylor resta dans la plantation où il avait été élevé, pour travailler et élever sa propre famille en 1928. Forcé de quitter son travail dans une fabrique de chaussures en raison d'un handicap, il se retrouva sans abri, mais obtint refuge à nuit dans les magasins du quartier afro-américain de la ville, rue Monroe. Son travail a été rassemblé et défendu par l'artiste local Charles Shannon, qui a reconnu le génie de Traylor. Shannon a eu la prévoyance de conserver l'œuvre de Traylor jusqu'à sa réintroduction dans le monde de l'art à la fin des années 1970.       Traylor a dessiné des scènes de la vie quotidienne tant rurale qu'urbaine. Allant de simples portraits d’habitants de la rue Monroe à des compositions complexes.

ADOLF WÖLFLI

Son père, Jakob Wölfli, tailleur de pierre de profession, est alcoolique, il tombe dans la délinquance et finit en prison. Adolf Wölfli prétend, dans sa biographie imaginaire, que ses parents eurent sept fils dont il était le cadet. Sa mère Anna était probablement blanchisseuse.

En 1872, le père abandonne sa famille qui, à peine installée à Berne, meurt presque de faim malgré le dévouement d'Anna. En octobre de la même année, après que tout, ou presque, a été vendu aux enchères, la famille revient à Schangnau, sa commune d'origine. L'assemblée communale convoquée, place Adolf et sa mère chez un paysan, conseiller d'État et agriculteur à Cherlishof, commune de Bumbach. Ils seront séparés en janvier 1873. En 1875, le père retourne dans son pays natal où il succombe au delirium tremens.

Adolf va de ferme en ferme où, témoin de beuveries et obligé lui-même de boire, il est parfois maltraité au point de manquer l'école, et parfois mieux reçu. À neuf ans, il apprend la mort de sa mère. D'abord chevrier, il est valet de ferme à partir de 1880.

Après plusieurs tentatives de viol sur de très jeunes filles, « cette tentation maléfique », il est emprisonné en 1890, puis, après une dernière récidive, il est déclaré irresponsable et interné en 1895 à l'asile d'aliénés de la Waldau, près de Berne où il demeure jusqu'à sa mort.


En 1899, il commence à dessiner, écrire et composer de la musique. Pendant trente ans, Adolf Wölfli accumule 1 300 dessins, 44 cahiers où sont exposées ses nombreuses théories scientifiques et religieuses, au travers de longues emphases où les mots sont déformés ou créés, l'orthographe transformée, les voyelles et les consonnes doublées ou triplées pour accentuer le rythme des phrases et sa biographie imaginaire de 25 000 pages, « La Légende de Saint Adolf », dans laquelle il affirme une connaissance nouvelle, quasi encyclopédique.

Son œuvre est conservée pour l'essentiel au musée des Beaux-Arts de Berne, où elle est mise en valeur par la Fondation Adolf Wölfli. Elle est également très bien représentée à la Collection de l'art brut de Lausanne, car elle est l'une des plus puissantes et des plus emblématiques de l'art brut. Son œuvre est conservée également au LaM de Villeneuve-d'Ascq.

CARLO ZINELLI

Carlo Zinelli, dit Carlo, né le 2 juillet 1916 à San Giovanni Lupatoto – Mort le 27 janvier 1974 à Vérone.

Carlo Zinelli est né le 2 juillet 1916 à San Giovanni Lupatoto (province de Vérone). Son père est menuisier. Sa mère meurt deux ans seulement après la naissance de Carlo, sixième enfant d’une fratrie de sept.

Dès l’âge de neuf ans, il quitte son village pour aller travailler dans les champs aux services d’une famille apparentée à la sienne.

En 1934, il s’installe à Vérone, où il travaille à l’abattoir municipal, et se passionne pour la musique.

Après son service militaire, Carlo est

enrôlé dans un bataillon de chasseurs alpins en 1938 puis part à la guerre d’Espagne l’année suivante. Il en revient seulement deux mois plus tard, probablement très marqué : il reste deux ans en convalescence avant d’être réformé fin 1941.

De 1941 à 1947, Carlo alterne des périodes de travail et de lucidité avec des crises d’agressivité et d’angoisse qui le mènent périodiquement en hôpital psychiatrique, où il subit des électrochocs et des traitements à l’insuline. Mais, à partir du 9 avril 1947, il est définitivement interné pour schizophrénie paranoïde. Carlo va alors s’enfoncer dans un isolement où son langage même deviendra incompréhensible pour l’extérieur.

Pendant des années, sa créativité se borne à des dessins sur le sol et des graffitis sur les murs, bien qu’une « école de peinture » existe au sein de l’hôpital, mais dispensant des cours d’apprentissage classique de l’art. Ce n’est qu’en 1957 que l’occasion lui est réellement donnée de s’exprimer et de développer son talent, à travers l’ouverture dans l’hôpital d’un atelier d’expression libre initié par le sculpteur Michael Noble et le professeur Mario Marini.